Derrière le ring

« A mon invitation au CWC, j’ai pleuré, mon rêve devenait réalité…  » Tristan Archer.

Le catch est une passion que partagent des millions de personnes à travers le monde. C’est ce sport divertissement qui fait vibrer tant de fans, qui vient créer des émotions uniques et de courts instants d’une intensité rare que peu ont pu retrouver ailleurs. Tout brille sous les projecteurs, la musique nous fait nous lever et les impacts sur le ring viennent à nos oreilles comme des sons familiers et paradoxalement agréables.
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Mais que se passe-t-il lorsque les lumières s’éteignent, que la salle se vide et que le ring ne tremble plus ? Derrière leurs vêtements d’apparat, que ressentent ces Superstars qui nous émerveillent tant ? Je mets au défi la plus grande majorité d’entre nous de le crier haut et fort. Pourquoi ? Car trop peu de gens le savent. Une fois les bottes rangées dans le sac, la Superstar redevient une personne comme une autre, avec ses doutes, ses craintes, sa colère, mais également ses joies, ses satisfactions et ses rêves.
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Au travers de nos rencontres avec les plus grandes figures du catch français, c’est tout ces sujets là que nous voulons aborder. Ce sont toutes ces choses là qui sont tellement peu évoquées et qui poussent à construire, souvent, une vision erronée de ce paysage tant admiré. Derrière le ring, c’est cet espace que nous voulons donner pour aborder tout ceci.
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Aujourd’hui c’est avec le catcheur favori des fans de catch Français, La Révolution Française Tristan Archer, que nous nous sommes entretenus derrière le ring. Le multiple Champion et la référence française est revenu avec nous sur sa jeune et transcendante carrière, ses déceptions, ses projets et sur sa vision ambitieuse de ce qui l’attend.

Comment ton entourage quand tu as annoncé que tu voulais faire du catch ?

Tristan Archer : Ils n’ont pas eu de réactions particulières ! J’ai toujours voulu faire ce métier depuis que j’avais 6 ans, ça a fini par être normal à leurs yeux je pense. Ma mère m’a quand même demandé de valider quelques diplômes au passage.

On sait que le catch en France n’est pas reconnu comme un métier et qu’il faut majoritairement avoir un emploi à côté pour pouvoir vivre. Est-ce ton cas ? Quelle est ta vie à côté du catch ?

Tristan Archer : Oui bien sur, le catch n’est reconnu par aucun ministère, donc n’a aucun statut ! Je suis professeur des écoles en semaine et catcheur le weekend.

Avec l’emploi du temps que tu as, comment cela se passe-t-il au niveau de la de famille ? Le rythme de catcheur n’est-il pas un frein ?

Tristan Archer : Il faut faire avec ! C’est un choix de vie, la vie de catcheur prend du temps et il faut être bien organisé si on veut aussi profiter de la vie normale.

Pour le catch, regrettes-tu des sacrifices, des concessions que tu as fait dans le passé ?

Tristan Archer : Aucun regret ! La vie est courte, il ne faut pas se demander « mais si j’avais fait ça…. ou ça… » !

Tous ces sacrifices t’ont mené au CWC. Est-ce que tu peux me raconter un peu comment tu as réagit lorsque tu as appris que tu ferais partie du tournoi ? Et lorsque tu es monté sur ce ring made in WWE, qu’est ce que ça t’a fait vivre ?

Tristan Archer : Quand j’ai reçu le mail m’invitant au tournoi, j’ai pleuré, mon rêve de gosse/adulte/vie devenait réalité! J’ai appelé les gens que j’aime puis j’ai répondu au mail!

Etre sur un ring WWE est une expérience unique! Les sensations sont décuplées! En plus, j’ai eu la chance d’avoir un adversaire hors norme et de faire un bon match!

Tu as catché de partout en Europe, aux Etats-Unis, dans le CWC, tu as été titré plusieurs fois et tu as eu beaucoup de gros matchs. Après ton parcours, quelle est ta vision du catch aujourd’hui ?

Tristan Archer : J’ai eu un petit coup de mou après le CWC, je pensais que mon rêve accompli, je n’avais plus ma place sur les rings, puis un jeune fougueux est arrivé et m’a remotivé! Et depuis je prends beaucoup plus de plaisir qu’avant sur le ring. Je vais encore plus loin dans mes performances! Merci à l’homme sans visage!

Qu’est ce qui fait que tu acceptes des bookings aujourd’hui ? 

Tristan Archer : Les adversaires principalement! Plus l’adversaire est complet plus la motivation est grande! J’accepte aussi des bookings pour les fédérations qui m’ont toujours fait confiance et ce avant même le CWC. C’est une question de respect!

Le public voit le catcheur uniquement durant ses matchs. Mais concrètement, c’est quoi ta journée type de catcheur lors d’un show ou au quotidien ?

Tristan Archer : Un peu comme tout le monde sauf que pour un catcheur, tu ajoutes des trainings quotidiens, du visionnages de vidéos et des heures sur les routes!

Tu es l’un des catcheurs français de renom et avec une des plus grandes carrières. As-tu déjà vécu de vraies déceptions qui t’ont poussé à remettre en question le catch ?

Tristan Archer : Aucune! Le catch est en moi! Comme dans tous les milieux, il y a du positif et du négatif. Mais comme je l’ai dis plus haut, la vie est courte, il ne faut pas s’arrêter sur le négatif et voir plus haut, plus grand! Il y a eu, il y a et il y aura toujours des déceptions, des erreurs de parcours etc. mais fuck and keep the head up!

Est-ce qu’à la place que tu occupes, il y a des rêves que tu as pu accomplir pleinement, d’autres que tu as délaissé et quels sont ceux qui te restent ?

Tristan Archer : Fonder une famille, un mini Archer! C’est à mes yeux ce qui manque à ma vie actuellement! Le reste c’est que du bonheur!

Y a-t-il quelque chose que tu détestes dans le métier que tu fais ? Et la chose que tu préfères ?

Tristan Archer : Honnêtement, même rouler 9h ne me dérange pas du tout. Surtout quand je suis accompagné. Donc non rien ne me déplaît dans mon travail. Ce que je préfère c’est la réaction des fans présents! Surtout les gosses/ados, ça ne ment pas sur ses émotions à cet âge là !

Si tu devais citer au vu de ton expérience, le plus gros problème du catch français actuellement ?

Tristan Archer : Actuellement, je vois beaucoup plus de positif que par le passé! Il reste néanmoins les problèmes de guerres internes, et le manque de professionnalisme de certaines feds et certains catcheurs (une tenue de catch fait sur mesure, c’est le minimum).

Est-ce que tu as des idées pour faire changer ceci ?

Tristan Archer : L’écoute, le partage. Très peu de gens savent écouter, surtout quand il s’agit de critiques (aussi constructives soient-elles). Si les gens prenaient plus de recul, acceptaient d’ouvrir les yeux sur la réalité des choses, tout le monde pourrait évoluer dans le bon sens!

A contrario, quelle est la chose qui a évolué positivement et qui est bien mieux que ces dernières années ?

Tristan Archer : La mise en scène et les talents In Ring. Les promotions mettent plus de moyens dans les shows : écrans, jeux de lumières etc. Beaucoup de jeune lutteurs bossent réellement très dur pour se faire remarquer comme A Buck, Aigle Blanc et tant d’autres.

J’ai pu remarqué que tu te tenais toujours à distance des polémiques, débats ou critiques. Tu peux m’en dire plus ?

Tristan Archer : Je suis comme la Suisse, je suis neutre! Après quand on s’en prend à moi ou à mes proches de façon non constructive… Alors les débats sont vite terminés [Rires]#BestPunchLinerDuBusiness #LaVéritéSortDeMaBouche

Certaines personnes du milieu pensent qu’il devrait y avoir une distance « professionnelle » entre les catcheurs et les fans, type photos à la fin des shows, interviews pré-organisée ou convention etc. Ils disent aussi qu’il devrait y avoir cette même relation avec les pages facebook/sites. Qu’en penses-tu ?

Tristan Archer : [Rires] !

Est-ce qu’il t’es déjà arriver de recevoir des choses étranges ou indécentes de la part de fans, que ce soit sur les réseaux sociaux ou en face à face ?

Tristan Archer : Oui bien surû! Des photos, des vidéos, des tentatives de drague etc. mais rien qui me mette mal à l’aise! C’est flatteur de se faire draguer par une fan ou un fan.

J’imagine que ça a déjà du t’arriver : Comment vit-on les moments gênants, malaisants lorsqu’on est sur le ring ?

Tristan Archer : Personnellement, ça me fait ni chaud ni froid ! [Rires] Les gens ne réalisent pas forcément qu’un botch a eu lieu donc pourquoi en faire un drame ? J’ai revu mon premier match face à Sylvain Grenier on the fly…. mon dieu! Si les botchs et les moments gênants devaient m’empêcher de vivre… J’aurai arrêté après ce match [Rires] !

Concrètement la suite pour toi c’est quoi ?

Tristan Archer : Des matchs, des matchs, des matchs… des échanges avec les fans, des projets hors catch, de la muscu ! Et bien sûr, profiter de la vie !

Merci Tristan et alors bonne continuation pour la suite !