Derrière le ring

« Mon objectif est de me faire un nom dans l’Indy international « , Senza Volto.

Le catch est une passion que partagent des millions de personnes à travers le monde. C’est ce sport divertissement qui fait vibrer tant de fans, qui vient créer des émotions uniques et de courts instants d’une intensité rare que peu ont pu retrouver ailleurs. Tout brille sous les projecteurs, la musique nous fait nous lever et les impacts sur le ring viennent à nos oreilles comme des sons familiers et paradoxalement agréables.
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Mais que se passe-t-il lorsque les lumières s’éteignent, que la salle se vide et que le ring ne tremble plus ? Derrière leurs vêtements d’apparat, que ressentent ces Superstars qui nous émerveillent tant ? Je mets au défi la plus grande majorité d’entre nous de le crier haut et fort. Pourquoi ? Car trop peu de gens le savent. Une fois les bottes rangées dans le sac, la Superstar redevient une personne comme une autre, avec ses doutes, ses craintes, sa colère, mais également ses joies, ses satisfactions et ses rêves.
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Au travers de nos rencontres avec les plus grandes figures du catch français, c’est tout ces sujets là que nous voulons aborder. Ce sont toutes ces choses là qui sont tellement peu évoquées et qui poussent à construire, souvent, une vision erronée de ce paysage tant admiré. Derrière le ring, c’est cet espace que nous voulons donner pour aborder tout ceci.
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Aujourd’hui c’est avec le plus célèbre des High Flyers Français, Senza Volto, que nous nous sommes entretenus derrière le ring. Le multiple Champion et la référence aérienne française est revenu avec nous sur sa jeune et transcendante carrière, ses déceptions, ses projets et sur sa vision ambitieuse de ce qui l’attend.
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Merci à toi aussi de te prêter à cet entretien avec moi Senza. Pour commencer dans le vif du sujet, je sais que tu catches beaucoup depuis l’année dernière. Dis-moi, comment ne pas prendre la grosse tête dans ces conditions là ou tomber dans certains travers ?
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Senza Volto : Disons qu’il faut savoir rester à sa place. J’ai une chance incroyable d’être sur la route tous les week-ends après trois ans passés dans ce business, c’est très gratifiant de savoir que les fans me demandent à travers toute l’Europe. Donc oui il y a de quoi prendre la grosse tête, pourrait-on en vouloir à quelqu’un de perdre un peu les pédales avec une exposition qui a explosé en si peu temps ? Pas vraiment…
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On reste après tout des êtres humains non ? Je pense qu’il faut trouver un équilibre entre le fait de rester dans l’humilité, mais aussi dans ce mode de « je me la raconte » car c’est selon moi ce qui plait aussi énormément dans ce business qu’est le catch. Voir un petit jeune sortir de sa zone de confort, qui va titiller le terrain des vétérans histoire de leur faire comprendre qu’il est présent avec ce petit côté arrogant, au final qui est vu aux yeux des autres comme de la prétention, c’est presque une qualité primordiale dans le sac d’un catcheur professionnel.

Effectivement, tu as très vite été parachuté dans de gros matchs, au sein de grosses fédérations. Comment vit-on les choses dans ce moment là ?

Senza Volto : Pour être honnête j’ai été partagé entre deux sentiments. Tout d’abord : la fierté. Grandir à une telle vitesse parmi tout mes compatriotes est une superbe expérience. C’est comme faire un mode carrière dans un jeu vidéo et gravir les étapes en s’équipant au fil du temps des meilleures éléments acquis au cours de l’aventure. Je suis très fier de mon parcours. Actuellement, je suis l’un des représentants Français aux yeux de l’Europe, ce qui est à mes yeux un cadeau inestimable. Alors forcément représenter notre hexagone dans les promotions Européennes ajoute une douce saveur à mon ego. De plus, le fait que nous n’ayons pas beaucoup de vétérans français sur le circuit Indy est bénéfique pour moi car le réseau de professionnels dont je fais partie sait désormais qui est le Français masqué.

Le second sentiment est l’incertitude. Comme je te l’ai dis à l’instant, je suis encore une nouvelle pousse dans cet univers. J’ai eu l’occasion de partir sur la route vraiment très tôt, ce qui ne m’a pas permis de faire correctement toute ma formation. J’avais donc des bases très fragiles, un manque considérable de confiance dû au fait de ma faible expérience sur les rings, tout ceci ajouté à plein de détails m’ont fait douter lors de ces trois dernières années. C’est quelque chose qui n’est pas facile à gérer. Les fans attendent chaque week-end un Senza Volto en forme, avec certaines de ses compétences, de ses prises et surtout, prêt à faire le spectacle. Mais l’assurance vient avec le temps et c’est comme ça que je me construis. J’apprends match après match, j’écoute les conseils de mes collègues qui ont plus d’expérience et j’avance. On peut avoir différents sentiments lors d’une ascension mais le plus important, c’est de continuer d’avancer .

En parlant d’avancer, honnêtement, comment vois-tu ton avenir aujourd’hui ?

Senza Volto : Je reçois énormément de messages de la part des fans me disant que je vais finir dans tel ou tel endroit. Pour être honnête j’essaye de ne plus écouter ces ragots. Pour le moment je veux être le premier catcheur Français de notre époque à voyager à travers le monde et performer dans les promotions les plus populaires de notre belle petite planète. Mon objectif pour résumer, c’est de me faire un nom international dans le monde de l’Indy. Maintenant je suis aussi une personne qui aime avoir un plan B et qui aime avancer. Si je vois que ma marge de progression et d’exposition commence à stagner, je penserais à raccrocher et à me consacrer à ma vie personnelle. Il faut savoir parfois s’imposer des limites, c’est aussi ce qui nous pousse à aller plus loin .

Une belle leçon de vie. Question complètement provoc’ : Tu portes le masque pour catcher. Mais que te permet-il de cacher ?

Senza Volto : Si les gens pensent que porter un masque sert uniquement à cacher un visage, permets-moi de leur dire qu’ils ont totalement faux. C’est bien plus que ça. Pour moi avant tout, le masque que je porte n’en n’est pas un. Le personnage que j’ai créé, Senza Volto, ne porte pas de masque. Ce que les gens voient comme son masque, c’est son visage, son identité. Mettre un visage en dessous est pour moi quelque chose d’illogique.

Le gars démasqué que je suis et Senza Volto n’ont pas la même façon d’agir. Les mouvements sont différents et la mentalité ainsi que la façon de s’exprimer sont totalement différents . Cette différence est notamment présente sur l’exposition de chacun. Au début , je m’identifiais beaucoup aux super héros avec une double vie tel que l’homme chauve-souris. Mais au final avec le temps, je me considère plus comme un Bruce Baner qui partage sa vie entre deux personnalités. J’utilise souvent une phrase qui représente très bien ma situation depuis mes débuts : « Je ne porte pas un masque pour cacher qui je suis, mais pour créer ce que je suis ».

Et je te remercie pour cette magnifique transition que tu m’offres [Rires]. En parlant de créer qui tu es, comment est-ce possible pleinement lorsqu’on est autant sur la route comme tu peux l’être ? je veux dire par là, comment peut-on avoir une vie de famille ou une vie de couple ?

Senza Volto : C’est hélas l’un des points négatifs de ce métier. Il est extrêmement difficile de penser à sa vie personnelle lorsqu’on est constamment sur la route. Avoir du succès, avoir des fan , être rémunéré, avoir des chauffeurs, dormir dans des hôtels, ça sonne comme une vie de star ? Oui c’est vrai et ça l’est en partie. Prendre l’avion car l’on veut te voir à Londres, à Berlin, à Paris ou encore à Budapest pour ne citer que ces exemples, ça à l’air génial… Mais chaque seconde sur la route te fais rentrer dans ce manège sans fin et t’éloigne définitivement de tes amis et de ta famille.

C’est le prix à payer et sincèrement, c’est un très gros fardeau. Les gens n’en n’ont pas conscience mais pour réussir dans ce métier il faut obligatoirement faire des croix sur certaines activités. En semaine, c’est entraînement et le week-end c’est catch. Il faut au final se préparer un maximum à ce genre de dilemmes et savoir refuser des offres faites par des promoteurs afin de se consacrer à sa vie perso. Dans mon cas j’essaye une approche différent. Je compte faire encore une année à fond afin de faire grossir mon nom et de m’apporter un maximum d’exposition, ce qui me permettra par la suite d’étudier plus en profondeur les demandes que l’on me fait pour les shows, et de peser le pour et le contre. Et je te dis ça, que ce soit au niveau de l’exposition, financier mais aussi de la santé.

Mais avec ce rythme de vie, comment tient-on psychologiquement, et physiquement bien sûr ? Tu as des petits trucs pour y arriver ?

Senza Volto : Je vais pas te mentir ce n’est pas facile. Comme je te l’ai dis il y a quelques minutes, je suis le type de gars à toujours avoir un plan B. C’est la raison pour laquelle j’ai gardé un travail à côté du catch pour pouvoir prévenir tout risque de blessure et autres. Je fais une semaine complète avec mes entraînements au gym le soir et j’enchaîne le week-end avec les galas, puis je recommence. Cela fait quasiment deux ans maintenant que je n’ai pas de jour de repos.

C’est un autre combat dans la vie d’un catcheur. Mais c’est toujours selon mon expérience hein, car le rythme est totalement différent pour des collègues tel que Tom La Ruffa ou Lucas Di Léo qui ont connu la vie à temps complet d’un catcheur signé à la WWE. Il faut apprendre à gérer ses matchs, gérer ses dates importantes et surtout savoir se reposer à n’importe quel moment. J’ai l’occasion de voyager souvent en avion et selon moi c’est le meilleure moyen pour récupérer quelques heures de sommeil même si la récupération n’est pas top. Il faut savoir aussi assumer ses propres décisions, partir ou pas en soirée la veille ou après un show par exemple. Ça paraît bête mais ces décisions impactent directement notre mental en particulier lorsqu’il faut enchaîner.

Il y a bien évidemment le côté physique à prendre en compte. Chaque combat peut apporter son lot de blessures qui sont plus ou moins graves. Ca peut être un simple hématome mais aussi une méchante entorse. Ce sont ce genre d’inconvénients qui peuvent s’ajouter la liste d’un catcheur qui lutte tout les week-ends. Il faut savoir gérer son corps, savoir l’écouter et comprendre ce dont il a besoin. La plupart des lutteurs français n’ont pas l’occasion de le vivre, mais être lutteur c’est savoir faire son boulot mais c’est aussi savoir le faire avec les différents coups reçus en cours de route. C’est aussi à ça que l’on reconnaît la qualité d’un grand lutteur à mes yeux : laisser paraître qu’on est au top de notre forme, tout en dissimulant ce genre d’inconvénients .

Les catcheurs que j’ai rencontré avant toi et qui se sont confiés « derrière le ring » ont pu exposer leur lassitude sur l’état d’esprit dans le catch français. Qu’as-tu à en dire toi ?

Senza Volto : Je pense pas que cet état soit fidèle au Catch Français, c’est plus une branche qui appartient à cet arbre qu’est le Catch Professionnel en général. Je suis une personne qui aime dénoncer l’injustice. Et le fait d’avoir « réussi » là où tant d’autres ont échoué donne une saveur d’arrogance à mes paroles. Mais je crois qu’au final j’aime ça. Il y a malheureusement trop de soucis qui se sont installés dans le Catch Français même si on note une grosse amélioration. Lorsque je voyage, je vois souvent des Allemands, des Hollandais ou des Anglais mais pas de Français… Pourquoi ? De même, il y a énormément d’Européens recrutés dans les promotions d’élite à l’international mais aucun Français… Il y a forcément eu un souci quelques part. Comment se fait-il que nous n’ayons pas réussi à monter nos propres stars locales ?

Heureusement j’ai compris assez tôt le schéma dans lequel notre pays s’était piégé, et c’est pourquoi j’ai décidé de me construire seul en tant qu’agent libre et en visant les promotions à l’étranger, qu’elles soient petites, moyennes ou grandes. Je ne renie en aucun cas mon pays, au contraire j’essaye de le montrer sous un autre visage à chaque fois que je travaille, mais d’un point vue personnel je pense que j’ai fait le meilleur choix pour ma carrière en ayant choisi ce chemin .

Regarde, nous sommes actuellement trois à tourner réellement en Europe : Tristan Archer, Tom La Ruffa et moi. Et je pense avoir qu’on a quasiment les mêmes sujets de conversation à chaque fois que l’on se croise. Que font les autres ? Comment évincer toutes ces personnes qui nuisent à notre business ? Comment renvoyer ces lutteurs qui ne sont pas prêt à l’entraînement afin de présenter quelque chose de plus correct par la suite, que ce soit pour la tenue vestimentaire, le physique ou le In-Ring ? Ils parlent tous beaucoup, mais aucun d’eux n’enchaînent les dates comme nous le faisons, aucun d’eux (mis à part quelques exceptions que je compte sur les doigts d’une main) ne font l’effort de se construire un physique avant de se proclamer «athlètes des rings».

Donc oui il faut être honnête et j’essaye pour ma part d’aider, de ramener ma pierre à l’édifice mais lorsque je vois certains trucs, j’ai le moral à zéro. Mais je suis persuadé que ce temps est presque révolu, c’est à nous de séparer le bon grain du mauvais afin de produire quelque chose de meilleure qualité sur la scène française car nous avons énormément de potentiel .

Justement, il est souvent dit que le catch en France manque de professionnalisme. Mais comment arriver à l’être quand souvent ce milieu ne l’est pas ?

Senza Volto : Être professionnel n’est pas un titre que monsieur X va nous remettre un jour. C’est un statut que l’on se donne lorsqu’on se considère en tant que tel. Si vous êtes un catcheur et que vous ne savez pas si vous faites partie des pros ou non, alors sachez dès à présent que vous êtes un amateur. Être pro est un état d’esprit selon moi. Avoir une bonne condition physique, une tenue en adéquation avec votre personnage, mais c’est aussi votre façon d’agir, de parler, de gérer votre propre business, c’est tout simplement ça être pro.

C’est de ne pas aller taper la console après le boulot mais d’aller au gym pour sa prochaine apparition, c’est tenir un régime alimentaire que ce soit pour maigrir ou grossir afin d’atteindre ses objectifs. C’est aussi savoir entendre les conseils, les avis positifs ainsi que négatifs, c’est d’accepter un rôle, un aiguillage de son propre personnage dans certaines promotions. Je pense qu’un catcheur devient pro à partir du moment où le catch passe en priorité dans sa vie et qu’il fait le nécessaire pour contribuer à sa propre réussite.

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En allant dans ce sens là, est-ce que tu regrettes des sacrifices que tu as fait pour le catch ?

Senza Volto : Non. Lorsque l’on fait des choix, on m’a toujours enseigné d’en assumer les conséquences. C’est ce que je fais. Si j’ai fait des erreurs dans la vie, je ne le regrette pas mais j’apprends et je m’en sers pour le futur. Maintenant des décisions j’en ai prises beaucoup et j’ai cette frayeur dans le coin de mon esprit qui me dit : « Ai-je fais tout ça pour rien ? ». Si c’est le cas j’assumerai et ma période catch sera gravée dans mon passé en tant qu’excellent souvenir notamment grâce aux personnes que j’ai rencontré dans mon aventure et à tout ces voyages à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de notre pays.

Tu m’en as parlé tout à l’heure : tu es souvent en Allemagne. Qu’est ce qu’il y a là bas que tu ne retrouves pas en France ?

Senza Volto : J’ai très vite commencé à bosser pour l’Allemagne et ce pays restera très important car il est aussi celui qui me donne le plus de boulot. On parle beaucoup de l’Angleterre comme étant le pays parfait en Europe (#Brexit ) pour le Catch mais l’Allemagne n’est pas mal non plus. Elle compte de très bonnes petites promotions qui sont très pro et surtout deux cadors que sont la GWF et la WXW. Je pense que la plus grosse partie de ma réputation a été construite là bas notamment grâce à la GWF qui a su me projeter dans un univers différent de celui que je connaissais avant mes débuts chez eux.

Il n’y pas les aprioris que l’on peut rencontrer en France aujourd’hui. Je pense juste que je suis tombé sur la mauvaise époque car beaucoup de promoteurs et catcheurs me parlent de l’ancien temps où ils venaient tous en France pour bosser. Que veux-tu, nous sommes dans une période différente et il faut savoir faire avec. L’engouement qu’a le catch en Allemagne a entraîné plusieurs bons points. Les patrons là bas passent plus de temps à s’aider qu’à se tirer dans les pattes. Il y a aussi une communauté qui ne cesse de parler des différents shows qui ont eu lieu et quand je dis shows, je parle de shows allemands et non pas de la WWE. Ça paraît qu’un simple détail mais ça donne vie à leur catch et c’est peut être ce côté qui manque à notre pays .

L’image contient peut-être : une personne ou plusEn plus de l’Allemagne, tu m’avais aussi parlé du Mexique et de la Lucha Underground. Est-ce que c’est toujours d’actualité ?

Bien sûr, le projet du Mexique avance à très grand pas, alors pas aussi vite que je le voudrais car je suis booké tout au long de l’année mais je te rassure les négociations sont toujours en cours. Un grand nom du Mexique m’a demandé encore hier quelques vidéos de mon boulot pour le montrer à un dirigeant. Ce qui est sûr c’est que le Mexique reste un pays qui est dans mes tops priorités afin d’affiner mon côté High Flyer et apprendre bien évidemment le catch mais sous une autre culture. Pour autant, je n’ai eu aucun contact avec la Lucha Underground, toute infos sur moi la bas ne sont que purs fake.

Je ne savais pas qu’il y avait des rumeurs à ce sujet, on attend de voir alors ! Pour revenir à ce qu’on disait tout l’heure, est-ce que malgré ton ascension rapide tu as déjà vécu de vraies déceptions dans ta jeune carrière qui t’ont poussé à remettre en question le catch ?

Senza Volto : J’ai tenté de bosser avec certaines personnes et au final j’ai gâché de l’énergie et du temps pour rien. J’ai vite compris qu’il fallait s’occuper de son propre business c’est pourquoi j’essaye de rester éloigné des projets douteux qui peuvent me faire rater des dates, ce qui inclut : Exposition, joie, voyage ou encore rémunération.

Effectivement, on a vu un certain nombre de ce que tu appelles « projets foireux ». Certains disent que c’est en partie dû à une certaine hypocrisie ou une envie de briller trop fort sans en avoir les moyens. Qu’en penses-tu ?

Senza Volto : Tout le monde veut briller à sa manière. Donc beaucoup parlent. Moi j’aime parler mais pour dire des L’image contient peut-être : 2 personneschoses, non pas pour remuer du vent. Si je trouve un truc ridicule je le dis. Si je ne suis pas en accord avec un promoteur et que cela me gêne, je le fais savoir. Malheureusement beaucoup de catcheurs pensent être « Leg It » pour parler alors qu’ils ne le sont pas. Je préfère les laisser dans leurs films et me consacrer à ma propre aventure. Mais sachez juste que briller dans sa propre promotion et nulle part ailleurs signifie qu’il est peut être temps de vous remettre en question.

Au début de ce qu tu appelles ta « propre aventure » j’imagine que ton entourage n’a pas forcément été unanime sur ton choix de devenir catcheur. Qu’as-tu à me dire à ce sujet ?

Senza Volto : J’ai toujours assumé cette partie de ma vie. Alors oui pour les Français ça sonne très bizarre. J’ai connu les moqueries, j’ai vu les regards douteux, mais c’était mon choix et j’ai assumé. Aujourd’hui les gens sont impressionnés quand ils voient ce que je fais sur le ring, quand ils voient l’engouement des fans autour de mon personnage, sur le fait que les gens achètent mon merchandising ou encore qu’ils font des heures de route pour venir me voir. Aujourd’hui je ressens plus un sentiment de respect lorsqu’ils me voient prendre l’avion plusieurs fois dans le même mois et de voyager à travers l’Europe.

J’imagine que ça fait partie des choses qui te font dire que tu fais le plus beau métier du monde ?

Senza Volto : Et bien je crois que ce qui me marque le plus, c’est la réaction des gens lorsqu’ils apprennent que je voyage tous les week-ends à travers l’Europe. Il est vrai que je n’ai pas toujours le temps de visiter le pays dans lequel je catche, mais je sais que tellement de personnes aimeraient cette vie sans attaches, à la découverte de différentes cultures. Il y a aussi le fait d’être acclamé par des fans. C’est un sentiment toujours agréable lorsqu’un public d’un autre pays t’encourage durant un match du début à la fin.

Ecoute, je te souhaite que ça dure le plus longtemps possible pour toi alors ! Merci de tes réponses et de ta franchise. Bonne continuation à toi Senza.