À la rencontre de

« Kermarek doit être le salaud enfoui en moi », le manager sulfureux français se dévoile.

Il ne sera compliqué à aucun fan de catch français de citer les plus grands noms de ce milieu. Tristan Archer, Tom La Ruffa, Shanna, Louis Napoléon, Peter Fischer et tant d’autres. Mais tous autant qu’ils y sont, ces catcheurs ont bel et bien été débutants puis jeunes catcheurs devant trouver sa place.

Aujourd’hui Direct Wrestling veut faire parler un petit peu plus certains de ces jeunes catcheurs, au début de carrière prometteurs mais pas encore têtes d’affiches des plus grands shows. Ils viennent des quatre coins de la France, ont déjà débuté leur parcours, ont déjà voyagé pour certains, ont déjà été titrés pour d’autres.

Ils sont la jeune jeune génération du catch français et ils sont venus parler d’eux un petit peu plus au près de la rédaction. Aujourd’hui c’est un désormais célèbre manager français qui est venu se confier à nous. Il est sulfureux, acide, provocateur et sûr de lui, et il a envahi la rédac’ en l’espace de quelques minutes, chers lecteurs, nous vous présentons, Kermarek !

À tous les fans qui ne te connaissent pas, pourrais-tu te présenter ?

Kermarek : Salut à toi, jeune lecteur qui ne me connais pas, et donc fan de catch français indigne. Je suis Kermarek, 26 ans, meilleur manager de catch au nord de Paris, au sud de Paris, et des deux autres côtés aussi. Pour ce qui est des pays limitrophes, on doit pas être loin, mais pour le moment, je ne me le suis auto-proclamé qu’en Belgique.

Comment es-tu arrivé dans le monde du catch ?

Kermarek : Tout le monde répond à cette question par « Oh, un peu par hasard… ». Je vais suivre le mouvement. J’ai connu le catch américain via le jeu SmackDown vs Raw 2008, que j’avais eu en échange dans un dépôt-vente parce que celui que j’avais précédemment acheté fonctionnait pas, donc vraiment par dépit. Vous sentez le début d’histoire incroyable ? Mon frère et moi on a commencé à jouer à ça, puis à regarder à la télé le soir très tard, pour voir un peu à quoi ça ressemblait. S’en est suivie une folie catch qui a duré quelques années au cours de laquelle j’ai été assez actif sur un site : Univers Catch (que je salue au passage). C’est pendant cette période que j’ai découvert l’ICWA qui était basée pas très loin de chez moi.

Et alors quel a été ton parcours depuis tes débuts ?

Kermarek : Bim, enchaînement de malade, parfaite continuité avec ce que je viens de dire, vous êtes vraiment desL’image contient peut-être : 1 personne, sourit pros de l’interview chez Direct Wrestling ! [Rires] Je me suis inscrit sur le forum de l’ICWA en 2006 je crois, juste pour suivre les discussions. J’ai eu des échanges avec Willy Boy « The Dead Angel » sur MSN à l’époque (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), que je salue également au passage. Et après ça, Revolution 5 à Lille, avec Gangrel, Joe E. Legend, Serena Deeb et tout le bataclan (on a encore le droit de dire ça ?). C’était un show oufissime, j’avais des papillons dans les yeux et des larmes au ventre, ou l’inverse. J’ai fini par franchir le pas en enchaînant deux stages à l’INFC, le premier en 2009 avec Lucas et Peter [NDLR : Lucas Di Léo et Peter Fischer], le second avec Booster lui-même (grande émotion à ce moment). Une fois ma vie professionnelle « stabilisée », je me suis carrément inscrit pour la formation continue que j’ai pratiquée pendant 2 années, avant que l’Usine à Catch ne ferme ses portes avec un show d’adieu des plus incroyables au cours duquel j’ai battu Gallico en un-contre-un, ce qui fait de moi l’un des rares catcheurs à avoir un très bon ratio de 100% de victoire en match singulier. Depuis j’ai travaillé principalement pour l’ICWA, mais l’Xperience Wrestling m’a permis en 2017 de conquérir – avec brio – la Belgique.

Tu vas nous attirer des problèmes toi ! [Rires] Dis-moi, tu as un parcours différent des autres. Pourquoi cette envie de devenir manager ?

L’image contient peut-être : 2 personnes
Crédit photo : PikaGreg Photography

Kermarek : J’ai en fait un parcours tout à fait similaire aux autres, là est toute la différence avec certains managers ! J’ai suivi une formation de catcheur, la même que mon collègue et néanmoins ami Cormac Hamilton. Le souci étant que j’avais certainement moins de temps à accorder au catch au cours de ma formation, ce qui m’a fait prendre du retard, ou du recul… J’ai vite compris que je ne deviendrai jamais un excellent catcheur, mais je voulais au moins tenter l’expérience du ring. J’ai donc proposé à Booster de devenir manager, idée qu’il a tout de suite trouvé intéressante.

Comment choisis-tu tes poulains ?

Kermarek : Vous pensez sérieusement que j’ai choisi Cormac ? Humour. Cormac et moi, on a vécu l’expérience INFC en même temps, on a suivi les mêmes entraînements, on s’est vu évolué – chacun à notre rythme évidemment – au cours du temps, et il venait de commencer à catcher sur les galas. Booster a proposé de m’associer à lui pour compenser un manque de charisme par rapport à son excellente technique ; chose qu’on a accepté sans rechigner. Depuis, c’est l’amour fou. Mais je ne suis pas exclusif à Cormac, j’aimerai beaucoup avoir d’autres expériences, avec d’autres partenaires (paye ta phrase chelou). J’ai failli manager Fabio Ferrari lors de ma dernière apparition, et j’étais très excité à cette idée. Mais les aléas ont fait que non.

D’accord, donc tu es prêt à être infidèle à l’Angleterre… ! Et comment t’es-tu trouvé ton personnage ?

Kermarek : On a dessiné le caractère de Kermarek avec Booster. Ma première apparition était – avec du recul – une catastrophe, complètement à l’opposé de ce que devais être mon rôle. J’ai écouté les conseils qu’on m’a donné, j’ai peaufiné mon personnage, ma manière de me tenir, de m’exprimer, mon look… Mais, finalement, je ne me force pas beaucoup. Kermarek doit être le salaud enfoui en moi.

Merci de ton honnêteté ! [Rires]. Quelle a été ta plus belle expérience ?

Kermarek : La première fois que j’ai été annoncé par Christophe Agius sur la scène de Revolution 8, ça a été quelque chose, même si à ce moment, mon rôle n’a pas forcément été majeur du point de vue du public (je vous jure que pourtant, j’ai été bien utile pendant ce match de l’échelle un peu chaotique…). Après, il y a plusieurs expériences qui laissent de très bons souvenirs.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes sur scène
CRÉDITS PHOTO : Grégory Pictures

Question habituelle et classique : Qu’est ce que tu aimerais changer dans le catch français ?

Kermarek : Comme tous : le sérieux de certains. Je fais partie de ces gens qui vivent le catch plus comme une passion que comme un métier, et beaucoup grinceront des dents en le lisant mais je ne peux, ni ne veux, m’en cacher. À côté de ça, je respecte le business et j’évite de faire les erreurs qui peuvent faire passer la discipline pour quelque chose de complètement ridicule, kitsch ou grotesque, et surtout, de complètement amateur. J’ai investi du temps et de l’argent dans ma formation, dans ma tenue, dans mon merch, et je continue, même si je ne suis « que » manager. Tous les workers devraient en faire autant.

Et après ce temps passé dans le milieu, quelles sont les choses que tu as réalisé et que tu n’avais en tête avant ?

Kermarek : Je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectifs donc j’avance en fonction des opportunités. Les principales choses que je n’avais pas forcément imaginé, ce sont les rencontres : Joe E. Legend, Tommy End, Chris Hero… Des souvenirs incroyables.

Avec ton recul, quels seraient les conseils que tu donnerais à un jeune, comme tu l’étais il n’y a pas siL’image contient peut-être : 2 personnes, texte longtemps, qui voudrait se lancer dans le catch ?

Kermarek : Je l’ai fait très récemment ! Donc je le répète ici : y croire, franchir le pas, intégrer une école sérieuse (avec des professionnels dedans, pas les gogols du lycée), participer à des stages (avec des professionnels dedans, pas les gogols du lycée), aller voir des shows (avec des professionnels dedans, pas les gogols du lycée), rencontrer des gens, se bâtir un physique, devenir riche et avoir beaucoup de succès auprès des femmes. Pas forcément dans cet ordre.

Si tu le dis ! Et pour nos lecteurs que tu as du conquérir avec cette entrevue, où est-ce qu’on va pouvoir te retrouver prochainement ?

Kermarek : Tu es bien curieux mon ami ! Je le suis aussi. Si tu as un début de réponse avant moi, tiens moi au courant ! Humour encore. J’aime l’humour. J’aime aussi la bière. Pour ne rien vous cacher, mais ce n’est une surprise pour personne, c’est difficile d’être manager en France, sans vouloir faire mon Caliméro. Mais vous me retrouverez normalement toutes et tous à Revolution 10 déjà, en mai. D’ici là, les annonces se feront petit à petit.

Allez, je te laisse le dernier mot, celui de ton choix !

Kermarek : Caca (il y a une référence là-dedans, je le sens bien…). Sinon, suivez-moi sur Facebook (Kermarek Management), Twitter (Kermarek Manager) et Instagram (kermarek) ; et merci beaucoup à Direct Wrestling et aux lecteurs, j’aime qu’on parle de moi.