News

Christophe Agius tire sa révérence à Planète Catch dans un beau discours.

Ca a été le choc des ces derniers jours pour les fans de catchs français : le dernier magazine de catch français et sûrement le meilleur fermait ses portes. Planète Catch a existé pendant 8 ans, nous offrant un plaisir réel en lisant ses magazines et Christophe Agius, associé de près à a la rédaction, a tenu à s’exprimer sur facebook :

Comme souvent il m’a fallu du temps pour prendre, non pas la plume, mais le clavier. Depuis le mois dernier, la France n’a plus un seul magazine de catch en français. La fin de Planète Catch, ce n’est pas simplement la mort d’un magazine, c’est la disparition du meilleur magazine de catch vendu dans notre magnifique pays et notre merveilleuse langue. Et pourtant, il y en a eu. Quelques uns acceptables mais beaucoup créés dans le simple but de nous prendre notre argent. Ne soyons pas naïf, Planète Catch n’était pas non plus une association à but non lucratif mais à la différence des autres publications, PC était dirigé par des passionnés pour des passionnés.

Je connais Jérome Pourrut depuis le légendaire, et parait-il apocalyptique, an 2000. Je venais à peine d’être engagé par RTL9 pour commenter WCW Nitro. Il m’a contacté par internet, déjà. Il avait le projet de monter un fan club WCW en France. Il avait d’ailleurs déjà rencontré les responsables de la fédération. (‪#‎InsideStory‬ – Il était au même show WCW Nitro à Londres que moi pour voir la même personne et nous ne nous étions même pas croisés) Nous avons échangé nos numéros et quelques jours plus tard on s’est appelé. Je crois que nous avons parlé pendant près de 3 heures sans vraiment s’en rendre compte. Si ce n’est qu’à l’époque le téléphone coutait encore une blinde, surtout d’un bout de la France à l’autre. Oui, nous sommes vieux. De ce long coup de fil est née une amitié, certes lointaine mais sincère, de déjà 15 ans.

Quinze années ponctuées de divers collaborations … « Génération Catch », le premier fanzine français consacré au catch évidemment, dans lequel j’écrivais une chronique déjà nostalgique sur des vieux évènements de la WWE. Puis il y a eu le lancement de la 2FC à Toulouse. Je venais de passer une nuit blanche après un mariage et j’ai tout fait pour convaincre Jérome de me laisser rester chez moi. Rien à faire. J’ai pris l’avion, j’ai commenté le show et je suis rentré … en train ! (#InsideStory – Ce retour en train, alors qu’il faisait 40° dehors mais -5 dans le wagon, m’a valu une angine blanche. J’avoue, celle là est peut-être un peu trop « inside ». Pour la peine, voilà une deuxième #InsideStory – Après le show, nous avons enregistré ce qui était sans doute la première shoot ITW de France … Je me demande s’il l’a encore. Je ne l’ai jamais vu en tout cas.)

12079601_10153783779162089_5073322993862665166_n

Enfin il y a eu le lancement de Planète Catch et des autres activités du groupe. Je n’ai pas pu en être au lancement mais j’ai très vite rejoint la troupe. Grâce à Laurent, Jérome et leurs équipes j’ai pu m’exprimer librement chaque mois. C’est vrai que nous sommes au temps d’internet mais j’étais extrêmement fier d’être publié dans un magazine de catch. Encore un rêve d’enfance qui se réalisait. J’avais l’impression de pouvoir m’adresser à vous tellement plus directement que sur nos fichus réseaux sociaux. Merci à ceux qui ont pris le temps, et ont eu le courage, de me suivre chaque mois dans mes aventures sur papier. Quant je disais « mes amis », ce n’était pas seulement une formule, c’est … pardon, c’était un peu comme si j’écrivais une lettre à un ami fan de catch.

Oui, je sais, on est en 2015 et plus personne n’écrit de lettres mais c’est ainsi que je le vivais alors … mince! Grâce aux « Frères Pourrut », comme ils étaient appelés au début de leur carrière dans le monde du catch en France, j’ai pu réaliser un deuxième rêve: commenter avec MONSIEUR Marc Blondin . (#InsideStory – J’ai réussi à arriver en retard pour notre premier enregistrement ensemble. Ensuite, j’ai même quitté le studio en plein enregistrement tellement le combat était nul pour aller me chercher une soupe à la machine à café. Et pourtant je crois pouvoir dire qu’on est bon pote. C’est vous dire s’il est vraiment FUN). Je pourrai aussi vous parler de notre première, et sans doute dernière, couverture de Mag ci dessous avec Monsieur Chéreau, de l’incroyable honneur d’avoir pu commenter du catch au stade de France, de mon bouquin dont le titre « Ma vie, notre passion » me vaut encore les railleries de mes amis, … Quinze ans, les amis.

C’est donc la fin de Planète Catch. Evidemment, il ne s’agit là que d’un magazine mais c’est aussi une petite tranche de vie qui prend fin pour les lecteurs bien sûr mais aussi pour tous ceux qui ont pu y contribuer à un moment ou à un autre. Des heures de boulots, beaucoup de sacrifices mais quelle fierté pour eux lorsqu’on prend le temps de se retourner pour voir le travail qu’ils ont accompli. Bravo à chacun d’entre vous et merci. Merci aussi à toi Jerome Pourrut. Mes amis, c’est le dernier, travailler de sa passion n’est pas toujours aussi joyeux qu’on pourrait le croire, ou l’espérer, mais cela reste un privilège. Et croyez-moi, ou « Believe That » pour citer un célèbre samoan, ce fût un réel privilège de vous retrouver chaque mois. Comme vous, je suis triste que tout cela se termine ainsi mais l’économie a ses raisons que la passion ignore. Vous allez me manquer mais n’ayez crainte, on se dit simplement à la prochaine « si Dieu le veut ». Bisous à tous.

Merci à eux, merci à Christophe, merci pour tout.

Posté par Grems