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Un français à Dragon Mania : Entrevue avec Jerry ‘Gallo Francès’ Motta.

Un grand nombre de fans de catch en France s’accordent sur un point en particulier : L’Hexagone n’est pas assez représenté dans le monde entier. Comme un certain Senza Volto aime à le dire, “la France mérite une meilleure place”. Alors lorsque nos catcheurs français se hissent sur les hauteurs de la scène internationale, il nous paraît important de le crier haut et fort.

C’est actuellement le cas au Mexique, pays de la Lucha Libre et reconnu à travers le monde comme étant l’un des plus grands pays du catch. Pour cause, Jerry Motta est l’un des rares français étant arrivé à ce qu’il considère comme un “but ultime”, “le rêve d’une vie” : une participation officielle à Dragon Mania, événement phare et incontournable au Mexique.

Qu’est ce que Dragon Mania ? C’est un rendez-vous annuel, créé notamment par la légende du catch, Ultimo Dragon sous la bannière Toryumon Mexico. Ce show est réalisé également en partenariat avec le Consejo Mundial de Lucha Libre, connu sous le sigle CMLL. Chaque année, le ring tremble donc au sein de l’Arena Mexico à Mexico, et ce devant plus de 10.000 participants. Rien que ça.

Cette année, ce n’est nul autre que Jerry Motta, connu au Mexique sous le nom du Coq Gaulois, qui à force de travail, de sacrifices et d’efforts, est arrivé à accéder à cet événement de taille. En exclusivité pour Direct Wrestling, ce dernier s’est confié sur ses ressentis à l’approche du show, mais est également revenu avec nous sur sa carrière, sa vision du métier ou encore sur son avenir.

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Jerry bonjour, tu es arrivé au sommet de ton art en participant à Dragon Mania. Peux-tu rappeler à nos lecteurs quel a été ton parcours avant d’en arriver à ce stade là ?
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Jerry Motta : Salut, je suis Jerry Motta , j’ai été connu sous les différents noms de Fils des Flammes, Jerry The Snake et le Coq Gaulois. J’ai fait mon entrée dans le milieu en Mai 2002 lors du tout premier stage intensif organisé par la Wrestling Stars au centre d’entraînement de Farmoutiers dans le 77. Je suis donc sorti deuxième à l’issue de ce stage avec ma corde bleue en poche, et j’ai été projeté peu de temps après sur le ring pour mon premier show, pour lequel je n’étais pas vraiment prêt [Rires]. J’ai ensuite catché pendant 10 ans pour cette structure, oubliant peu à peu mes rêves de conquête de l’étranger. En 2012, un peu blasé du catch et vivant en couple avec un appart et un travail, j’ai mis un terme à ma carrière .
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L’image contient peut-être : 1 personne, chaussuresEt pourtant, six ans après tu es toujours là et tu as fait un sacré chemin. Pour cause, comme dit précédemment, tu évolues aujourd’hui au Mexique. A quel moment t’es-tu dit « je pars » et pourquoi ?
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Jerry Motta : Je rêvais du Mexique depuis tout gamin, surtout après avoir vu plusieurs fois le film L’homme au masque d’or avec Jean Reno, qui raconte l’histoire véritable du Padre Tormenta qui catchait afin de gagner de l’argent pour son orphelinat. Deux ans après ma “retraite”, j’ai décidé de tout envoyer balader pour aller tenter ma chance et j’ai commencer à multiplier les voyages au Mexique afin de réaliser ce rêve.
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Comment se passe la vie d’un catcheur français expatrié au Mexique, pays de la Lucha Libre et donc parmi un nombre incroyable de catcheurs ?
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Jerry Motta : Ce n’est vraiment pas facile de se faire une place ici, au milieu des centaines de luchadores du pays, et c’est également difficile de tenir le coup physiquement avec le climat qui est rude et l’altitude de Mexico qui te prive de beaucoup d’oxygène. Pour ma part j’ai eu la chance d’obtenir de l’aide de Heddi Karaoui, autre français qui fait sa carrière ici depuis des années et qui m’a ouvert des portes, notamment celles de la IWRG (fédération Top 3 du Mexique).
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Tu es arrivé à te faire un nom là-bas avec le personnage du Coq Gaulois, appelé Gallo Francès là bas. Qu’est-ce qui a motivé le choix du personnage que tu incarnes ?
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Jerry Motta : Ce personnage du Coq Gaulois m’a permis de m’attribuer le folklore mexicain en utilisant un masque au début. Il faut savoir qu’ici le coq est un symbole de combat.
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Avec tout cela, tu fais partie de ces « rares » catcheurs français qui sont arrivés à se faire un nom à l’étranger, et notamment dans le pays de la Lucha Libre. Comment en arrive-t-on à ce niveau là ?
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Jerry Motta : A grands coups de sacrifices, de travail et également d’un léger coup de pouce. Déjà je suis le seul européen de l’histoire (et des gringos aussi) à avoir combattu pour le masque dans une Arena Mexicaine et ce en Main-Event en plus. Ensuite je crois avoir réussi, comme Heddi, à me faire respecter par le public de l’Arena Naucalpan de la IWRG, qui a un public particulièrement dur à convaincre. Petite anecdote au passage, c’est l’arena dans laquelle a été tourné la série légendaire du Blue Demon et le film Nacho Libre avec Jack Black, parodie américaine du film avec Jean Reno mais bien plus connue des fans de catch.
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Venons-en à notre sujet principal : Tu vas catcher au sein de l’Arena Mexico pour Dragon Mania XIII. C’est un moment et une opportunité hors du commun. Qu’est ce que ça te fait vivre aujourd’hui ?
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Jerry Motta : C’est tout simplement mon rêve qui se réalise, le salaire de tout ce que j’ai fait. Et peu importe l’importance du combat sur la carte… je vais faire l’Arena Mexico bordel ! [NDLR : Voyez l’annonce officielle de Jerry ici].
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J’imagine. Et peux-tu m’expliquer comment ton accession à ce show majeur s’est réalisée ?
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Jerry Motta : Ça n’a pas été simple, Dragon Mania est l’événement annuel organisé par la Toryumon du légendaire Ultimo Dragon dans l’Arena Mexico, en partenariat avec le CMLL. C’est donc l’occasion pour tout les luchadores indépendants sans contrats avec le CMLL de faire une entrée à l’Arena. Après 3 ans à me battre pour en être, cette année ma place était enfin gagnée lorsqu’il y a eu de gros changements organisationnels. Cela a vraiment failli me passer sous le nez mais j’ai réussi à récupérer ma place.
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Après ce temps passé dans le milieu, et surtout avec ton expérience hors normes, quelles sont les choses que tu as réalisé et que tu n’avais en tête avant ?
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Jerry Motta : J’avoue sincèrement que quand j’ai tout arrêté à l’âge de 30 ans, et bien à ce moment là je ne croyais pas qu’un jour j’irai vraiment sur les traces de mon héros, le Padre Tormenta.
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Reste-t-il malgré tout des choses que tu veux encore accomplir ou as-tu déjà réalisé tout tes rêves dans le catch ?
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Jerry Motta : Ecoute, cela me plairait d’agrandir mon expérience internationale avec le Japon et Porto Rico. On verra ça sous peu, peut-être…
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Quels seraient les conseils que tu donnerais à un jeune qui voudrait se lancer dans le catch avec cet objectif de réussir à l’étranger ?
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Jerry Motta : Si c’est un jeune… Pars maintenant, tout de suite, n’attend pas d’avoir largement passé la trentaine et que ça soit trop dur de lâcher les choses (travail , appart…) et de de blesser les gens à qui tu tiens, que ce soit en amitié ou en amour. Tout est plus dur avec l’âge… Crois en mon expérience !
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Quelle va être la suite pour toi après Dragon Mania ?
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Jerry Motta : J’ai de gros comptes à régler sur le ring de la IWRG et bientôt les gens de Naucalpan vont voir à quel point le Coq de France peut être dur !
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Pour conclure cette entrevue, je te laisse le mot de la fin ?
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Jerry Motta : Rien n’est jamais impossible… La preuve avec moi. N’ayez pas peur de vos rêves : si moi je peux, alors vous aussi !
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À propos de l'auteur

DirectWrestling

Grems

Co-Fondateur & Chargé de Communication chez Direct Wrestling

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